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| thèse et autres |
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À mes yeux, l'architecture est avant tout poésie construite; symbole tangible de la présence humaine, elle nuance et colore les attitudes et les émotions ressenties envers le monde extérieur.... Le corps est pour moi le noeud et le véhicule de cette poésie, car c'est de lui qu'elle s'inspire d'une part et c'est par lui qu'elle se communique, d'abord sensuelle et dynamique, ensuite, par abstraction, spirituelle et émotionnelle...
Ayant ceci en tête, j'ai longtemps cherché "la musique et l'instrument" de ces idées... Le corps, les sens, la ville... Dès le début, le site se voulut urbain plutôt que rural, car toute l'essence poétique recherchée se trouvait naturellement étouffée par l'aspect artificiel et pragmatique du tissus urbain, subtile et indéfinie, presque absente, sans qu'on puisse toutefois la considérer comme telle... cet état liminal, asymptotique, le cas classique de la situation qui n'est ni noire ni blanche mais d'un gris plus que subjectif, m'a tiraillée pendant des mois... Ce qui m'apparut (et m'apparaît toujours) évident, c'est que l'intérêt, la pertinence et l'importance de ce que je désire explorer réside dans son application à quelque chose de générique, archétypique, voire même quelconque... mais que de ce contraste naîtraient toutes les opportunités. Restait encore le danger que le tout n'en soit que ridiculement tiré par les cheveux et maladroitement littéral... Mêler l'essence de la présence physique de la ville et celle, subtile (et sans formulation) de la poésie corporelle... Si j'avais été au temps des Grecs ou des Romains, ou encore de la Renaissance italienne, j'aurais fait un palazzi en appliquant la rhétorique des grands théoriciens sur l'empathie et la proportion, mais en 2001, une telle approche est plutôt désuète... Je me trouve toujours nez à nez avec des sites webs, des expositions photographiques, des pamphlets urbains et des installations contemporaines faisant critique de l'absence de... ce je ne sais quoi de corporel dans l'environnement urbain bâti ainsi que dans l'intangible sphère socio-culturelle. Des commentaires troublants parallèles à mes aspirations, mais qui toutefois n'offrent aucune solution... Délaissant un peu les aspirations "corporelles" littérales, la possibilité d'étudier et de questionner l'édifice archétypique de la ville, du moins de Montréal, s'impose presque naturellement. L'édifice archétypique: l'édifice type boîte souvent quelconque et pragmatique, à la fonction indéfinie, mais abritant un peu n'importe quoi, en allant des bureaux et autres suites d'affaires à l'hôtel en passant par le centre commercial et les appartements... Plus souvent qu'autrement l'oeuvre d'entrepreneurs, ces édifices sont le lot de la vie en ville, entre les charmes des édifices d'une autre époque comme on en trouve dans le Vieux-Montréal, et la séduction moderniste des quelques musées/ théâtres/ bibliothèques/ universités de l'époque actuelle. Pourtant, il m'apparaît évident que l'architecture et l'urbanisme doivent commencer à s'intéresser à ce type d'édifice, car c'est par ceux-ci qu'on pourra densifier le tissus urbain et combattre l'urban sprawl. À la limite, dans une vision à (très!) long terme, l'examen des possibilités d'expansion verticale (plutôt qu'horizontale) est souhaitable. Ceci signifie une définition et une réinterprétation des fonctions pouvant être contenues. Par exemple, un monastère, un hôpital, une école, un centre de congrès... |
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| julie jcharb@po-box.mcgill.ca | |
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