quoi et pourquoi
Un édifice existe, sur le coin nord-est des rues Sherbrooke et Stanley. Vous ne l'avez sans doute jamais vraiment remarqué, je ne l'avais jamais vraiment remarqué non plus... Il y a de quoi: structure en béton dalle-sur-colonne et mur-rideaux, de hauteur moyenne (17 étages). Il abritait depuis toujours des bureaux, une banque de devises et un café Van Houtte... Or, ce qui m'a poussé à le remarquer et a achevé de faire germer mon idée: il est en ce moment même sous rénovation... Édifice anonyme typique, voilà un sujet parfait!

recyclage urbain

(Se distinguant de la restauration historique et de la ré-habilitation de structures anciennes) Nombre d'édifices construits au cours de la seconde moitié du siècle dernier, anonymes, d'un modernisme "économiqe" plus qu'intentionnel et fades, possèdent des structures en béton dont la longévité excède celle des bâtiments eux-même. Fait troublant: à cause de la nouveauté de l'invention, on ne connaît pas vraiment la longévité de ce type de structure, me dit un architecte de ma connaissance. Pourtant, à cause des pressions socio-économiques, ces structures doivent être rénovées, réinventées, pluôt que réhabilitées ou restaurée. Ce qui est fascinant avec ces structures, c'est cette étonnante versatilité; le squelette en place, toute l'enveloppe et les systèmes peuvent facilement être interchangés et modifiés. Je crois que ceci peut engendrer des opportunités architecturales très contemporaines et très riches; d'ailleurs, la recherche que j'ai faite au cours des dernier mois, bien qu'indirectement liée au type d'édifice lui-même, puisque le sujet en est spécifiquement le corps et l'architecture, introduit le concept de l'exploration des possibilités spatiales et kinétiques dichotomique des structures retrouvées, par exemple, chez Le Corbusier.

microcosme urbain

D'édifice à bureau, la structure est destinée dans sa prochaine vie à devenir un hôtel, et subira les altérations nécessaires à sa renaissance. Le choix de l'hôtel se justifie à deux niveaux. D'un côté, l'hôtel est un refuge au coeur de la ville, un lieu de repos, une forme civilisée et financée de la caverne au milieu de la tempête, de la cellule monastique réservée au visiteur de passage et au pèlerin. Entre les mains des hôtes, les corps fatigués, déracinés, éreintés trouvent le soulagement. La tension entre le choix de l'emplacement favorable des hôtels, soit au coeur de l'action, aux carrefours les plus passants, et la paix et la tranquilité recherchée par les utilisateurs est je crois la dichotomie au coeur de tous les gestes posés par le concepteur d'un hôtel. Enfin, si je puis me permettre, c'est ici la recanalisation actualisée du programme du spa urbain (voir les archives...), dont certains aspects sont identiques...

D'un autre côté, plus pragmatique, cette idée rejoint la réalité de la fonction à laquelle est véritablement destiné l'édifice. Ceci en réponse logique à la demande croissante de chambres à louer à Montréal. Les propriétaires d'hôtels du quartier s'entendent pour dire qu'ils sont débordés et que chaque année ils doivent refuser de plus en plus de clients.

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