corps et réalité

   Peut-être le spa urbain n'est pas une si bonne idée que cela... J'avoue, c'est un programme qui n'est peut-être pas exactement actuel, bien que je maintienne que ce soit un programme absolument fascinant et que je trouverai bien un moyen d'en garder certains aspects dont je ne peux me déttacher... 

    De l'idée du spa, dont je me fais graduellement un deuil, je retiens trois aspects. D'abord il y a la problématique du site urbain et du programme urbain. Dans les dernières heures du spa je projettais la possibilité que plutôt que d'être un peu éloigné de la ville, ce programme devrait être au contraire sur un site plus central et populaire, pour réellement s'inscrire dans la culture de la rue montréalaise. Ensuite, au fil de mes lectures(entre autres, voir cet article de Paul Virilio), et suite à mon cours de modélisation informatique, l'idée du corps s'est un peu documentée; Virilio nous prévient que sans nous en apercevoir, toute notre culture et toutes nos activités quittent peu à peu le monde réel et physique (l'univers ducorps) pour le monde virtuel (l'internet) et fait appel aux notions d'espace réel et de cyber-espace. Dans ce cyber-espace, la dimension espace-temps de notre monde réel, qui par nos sens nous permet de nous situer, ne s'applique pas, l'information est reçue à l'instant ou elle est produite, partout. Il n'y a plus de distance, qu'un contact continu et instantané, un contact virtuel. Je retiens donc cette idée de corps dans un monde réel en état de dématérialisation, en opposition au monde virtuel, qui de plus en plus absorbe l'esprit et sa culture. Enfin, vient l'idée d'un programme actuel qui vraisemblablement fera appel aux notions mentionnées précédemment. 

   La vision futuriste sombre que laisse entrevoir Virilio frappe mon imagination. Parce que nous sommes des êtres de chair, l'abnégation complète du corps est impossible, à moins bien sûr qu'un scientifique fou trouve le moyen de dissocier le corps et l'esprit... (ce qui bien sûr soulève une autre grande question: peut-on vraiment parler d'un esprit qui serait distinct du corps?) Au pire, la situation envisageable présente chaque individu vivant en autarcie dans son espace privé avec son ordinateur, avec suffisament de confort matériel et d'espace pour se maintenir en santé. L'espace public serait donc virtuel. Je crois fermement que le télé-contact dont parle Virilio ne peut être considéré comme un contact satisfaisant avec nos semblables. Parce que nous sommes des êtres physiques, nous avons besoin de contact physique et sensoriel avec nos semblables. De plus, je crois que l'espace publique réel est la seule façon d'assurer cette condition, et que le fait de ne jamais sortir mènerait l'humain à la psychose et la dépression.