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5.Ville
souterraine
La ville de Montréal fut fondée en deux étapes. En
1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda Ville-Marie. En 1960, louverture
de la Place Ville-Marie (PVM) avec sa panoplie de boutiques souterraines.
Depuis, la ville intérieure se développe à un rythme
plus rapide que celui du centre ville. En 1989, 50% de toute la vente
au détail du centre ville était «souterraine».
Lactivité foudroyante dans linfrastructure souterraine
est pratiquement invisible à la surface, exception faite des entrées
de métro.

Dérivé de la PVM, le concept du souterrain est de mettre
des boutiques où des masses de gens circulent sans relâche.
Selon le maire Drapeau, le métro lui-même devrait être
une expérience architecturale qui élève lesprit.
Y til a potentiellement une contradiction entre les activités
mercantiles du souterrain montréalais et une expérience
qui élève lesprit?
Le souterrrain montréalais est composé de deux grands axes:
laxe anglais et laxe français. La création de
la station de métro Place-des-Arts est à lorigine
de la construction de laxe français. Elle en est le point
de départ ou le point darrivée.

Au
moment de la création de laxe français, la Place-des-Arts
était déja en place. Dans les années 70, le Complexe
Desjardins, le Complexe Guy Favreau et le Palais des Congrès sont
venus sy racorder. Le prix à payer pour ces interventions
de grandes échelles est leur manque de liens avec la rue. Ces bâtiments,
irrésolument tournés vers eux-même, noffrent
que très peu dinteractions avec la rue. Par exemple, les
rues St-Urbain et Jeanne-Mance noffrent que des colonnades, des
murs de béton ou de brique. Donc, ces bâtiments de laxe
souterrains français ont des intérieurs corporatifs et des
extérieurs aveugles.
Lespace public intérieur est soumis à des règles
fondamentalement restrictivres en comparaison à lespace public
extérieur. Cest règles sont renforcées par
les «gardiens de la protection du climat mercantile». À
cet effet, nous pourrions croire que la Place-des-Arts soit enclin à
nous faire vivre une expérience enrichissante. Malheureusement,
ce nest pas le cas. Là aussi les règles du mercantilisme
domine. Au centre du grand corridor interieur de la Place-des-Arts, ce
nest pas de lart quon y trouve, mais plutôt une
voiture Chrysler. Quelle abérrance. De plus, il a été
très difficile de prendre des photos à lintérieur
puisque «gardiens de la protection du climat mercantile» à
lemploi de la salle Wilfrid Pelletier et dArchambault Musique
mont averti de ranger ma caméra.

Il est urgent de rétablir un espace public intérieur non
mercantiliste ouvert sur lextérieur, ouvert sur la rue, la
lumière et les différents comportements humains. Un parc
intérieur où lart, le rêve, lexpression
seraient au rendez-vous.
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